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Enseignement : décret inscriptions
Marie Aréna persiste et signe : « Premier arrivé, premier servi »
3 mars 2008 par Jean-Yves HAYEZ -
Rubrique:Humeurs
Si j'en crois la presse, pour faire oublier la honte et le ridicule internationaux dont les files devant les écoles les avaient couverts en 2007, Marie Arena et ses troupes sont en train de concocter « quelque chose » via Internet pour organiser les inscriptions en première secondaire. Mais ils restent fidèles à leur maxime de référence « Premier arrivé, premier servi ».
N'y a-t-il donc personne pour leur expliquer ce que à peu près tout le monde sait intuitivement : dans n'importe quel groupe, quand il y a un objectif à atteindre, les premiers arrivés ne se répartissent jamais au hasard, ce qui constituerait alors une sorte de justice sociale encore très approximative. C'est toujours les plus malins, les plus puissants, parfois des demi tricheurs - ceux qui peuvent payer des étudiants! - ou des tricheurs complets qui poussent les autres des coudes. C'est une des bases de la sélection naturelle chez les mammifères. Alors, « Premier arrivé, premier servi ! » quelle consternante soi-disant valeur, d'une grande indigence intellectuelle et morale, et que la ministre propose indirectement comme référence à tous les citoyens et aux jeunes de la communauté française : Internet pour mettre à égalité les riches et les pauvres, et le struggle for win, en prime, plutôt que la solidarité sociale, dans les plans d'une ministre socialiste : je le clame pour la seconde fois dans la presse : « Reviens vite, Jaurès, ils sont devenus fous ! » Certes, il faut que la justice sociale préside à la répartition des enfants et des adolescents dans nos écoles, mais pas en se servant sans s'en rendre compte de la loi du plus fort. Donnons d'abord à nos écoles bien davantage de moyens, en privilégiant celles qui assument clairement de s'occuper des enfants soit moins doués soit ayant d'autres raisons d'être en difficulté scolaire de longue durée. Pour ma part, si je crois à la justice sociale, je ne nie pas pour autant les différences entre les jeunes, et notamment les différences d'équipement intellectuel et de motivations. Je ne crois pas qu'il soit productif de mixer dans la même classe des jeunes {{trop}} différents dans ces domaines, avec en outre une classe surpeuplée et sans moyen d'aide individualisée significative : on condamne alors l'ensemble du groupe à un nivellement par le bas ou, plus simple encore, l'enseignant ne peut pas faire autrement qu'ignorer les plus faibles, voire de les disqualifier : « Il marche avec les forts » Je propose donc plutôt ceci : organiser dans chaque établissement secondaire un examen d'entrée à la fin de la 6ième primaire, examen dont les critères et le contenu auraient été bien pensés, {{et qui pourraient être différents d'une école à l'autre, en référence à la carte d'identité et aux objectifs qu'elle se donne clairement et sereinement.}} L'examen d'entrée devrait mettre à égalité potentielle toutes les provenances sociales des enfants. Pour garantir une mixité intellectuelle qui reste raisonnable, on pourrait exiger d'une école qui s'afficherait comme exigeante et qui disposerait de 20 places en 1ière secondaire d'accueillir, sur 50 candidats, les 12 premiers et les numéros 18 à 25 (par exemple ...) aux résultats de l'examen. Arrêtons de nier les différences : certains jeunes ont davantage de capacités et de motivations que d'autres, notre pays a besoin d'élites intellectuelles et aussi, que l'on cesse d'évaluer son enseignement du doigt comme un des pires d'Europe. Quant aux écoles secondaires qui se déclareraient prêtes à recevoir des élèves « tout venant intellectuellement », en ce inclus les plus faibles de ceux qui conservent un potentiel encore suffisant pour risquer l'enseignement général, elles devraient recevoir des moyens financiers supplémentaires pour donner vraiment leur chance aux plus faibles. Et pour terminer par une idée simple : je ne suis pas sûr du tout que la situation qui s'était installée au fil du temps, avec notre bon sens belge, était si horrible ... sauf que les écoles plus « difficiles » n'avaient pas assez de moyens : mais voilà, il est toujours plus tentant pour un ministre de justifier son poste en inventant de nouveaux décrets qui ne lui coûtent rien, plutôt que de s'acharner à trouver l'argent et les moyens .... {{Jean-Yves HAYEZ}}[[Psychiatre infanto juvénile, docteur en psychologie, professeur émérite à la Faculté de Médecine de l'Université Catholique de Louvain, premier chef du service de Psychiatrie Infanto juvénile des Cliniques universitaires Saint-Luc.
Site Web: [->www.jeanyveshayez.net] ]] {Photo : Marie Arena © Observatoire citoyen}
Une prise de position cousine : « [Pensée magique, réalités bruxelloises->http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=405115] » par Alain RENARD, père de trois enfants.

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